Si vous cherchez des jeux de dessin en famille vraiment cocooning (pas un cours d’art, et certainement pas un concours), vous pouvez souffler : vous êtes au bon endroit. Ce sont des activités de dessin à faire en famille, simples et à la maison — le genre qu’on a fait sur notre propre table de cuisine avec deux feuilles et le stylo trouvé au hasard qui écrit encore.
Le but n’est pas de faire de “beaux” dessins. Il s’agit de créer des moments de connexion : un fou rire partagé, une idée surprenante, la manière dont l’esprit de votre enfant saute d’une histoire à l’autre. Chez nous, les meilleurs moments de dessin arrivent quand les adultes arrêtent de corriger et commencent à jouer aussi — avec des traits tout de travers, et tant mieux.
J’ai grandi entouré d’art, et aujourd’hui j’élève deux enfants dans une maison où il y a presque toujours un projet créatif en cours (ma femme est le moteur bricoleur derrière une grande partie de tout ça). Une chose continue de m’étonner : un enfant peut tracer une ligne tremblotante et annoncer avec assurance que c’est un dragon, un sandwich, et le chat de Mamie — en même temps. Ces jeux protègent cette liberté.
De quoi avez-vous besoin pour des jeux de dessin en famille (restez simple)
Vous n’avez pas besoin de matériel sophistiqué. Si vous en avez, parfait. Sinon, vous êtes quand même prêts.
- Papier : papier d’imprimante, cahier, ou le dos vierge d’un vieux courrier.
- De quoi dessiner : crayons, crayons de couleur, feutres, stylos.
- Une surface plane : table de cuisine, table basse, ou le sol avec un livre/une planche rigide dessous.
- Optionnel : post-it (petites idées rapides), papier coloré, minuteur, ruban adhésif pour afficher les dessins.
Une petite astuce très utile : gardez un petit “panier à dessin” à portée de tous. Quand le matériel est rassemblé au même endroit, il est beaucoup plus facile de dire oui à un petit moment de dessin sans écran.
Comment garder le moment de dessin joyeux (sans pression, sans perfection)
Ces petits ajustements font une grande différence — surtout quand les enfants se frustrent parce que l’image dans leur tête ne ressemble pas encore à ce qui est sur le papier.
- Se concentrer sur le processus : “Raconte-moi ce qui se passe ici”, plutôt que “C’est quoi ?”
- Éviter les comparaisons : oubliez “Ton frère dessine mieux.” (Même en blaguant, les enfants le prennent au sérieux.)
- Inviter, ne pas exiger : “Ça te dit d’essayer un jeu de dessin ?” marche mieux que “Viens dessiner maintenant.”
- Célébrer les idées bizarres : un soleil violet ? Super. Un chien à cinq pattes ? Encore mieux.
Ce que j’ai appris à mes dépens : quand un enfant se fige, ce n’est souvent pas une question de “talent”. C’est la peur de faire “de travers”. Ces jeux baissent la pression pour que tout le monde puisse respirer.
Jeux de dessin en famille (brincadeiras de desenho em família) à commencer dès aujourd’hui
Voici quatre jeux incontournables — plus quelques variantes rapides. Ils fonctionnent avec des âges mélangés (des tout-petits jusqu’aux grands-parents). Si votre enfant est très jeune, simplifiez : moins d’étapes, plus de gribouillis, plus d’histoires.
1) Le jeu du dessin en chaîne (dessiner à la suite)
C’est le classique du papier qu’on se passe, et ça reste drôle peu importe le nombre de fois. Chacun ajoute une partie, et le dessin final devient quelque chose que personne n’aurait pu imaginer seul.
Comment jouer :
- Donnez à chacun une feuille et un crayon/feutre.
- Choisissez un thème (ou pas). Exemples : “une créature”, “un véhicule”, “un endroit à visiter”, “un repas rigolo”.
- Fixez un temps court : 30 à 60 secondes pour dessiner une seule partie.
- Passez la feuille à la personne suivante.
- Répétez 4 à 8 tours, puis révélez les dessins finaux.
Façons simples de structurer :
- Construire un corps : Tour 1 tête, tour 2 yeux, tour 3 corps, tour 4 jambes, tour 5 accessoires.
- Construire une scène : Tour 1 fond, tour 2 personnage principal, tour 3 quelque chose de surprenant, tour 4 météo, tour 5 détails.
- Construire une histoire : à chaque tour, on ajoute un “problème” ou un “indice” au dessin.
Questions à poser aux enfants après :
- “À ton avis, qu’est-ce qui s’est passé juste avant ce moment ?”
- “Si ce personnage pouvait parler, qu’est-ce qu’il dirait ?”
- “Où penses-tu qu’ils vont ?”
Une scène qu’on visualise presque : un grand-parent qui dessine soigneusement de toutes petites chaussures, un enfant qui ajoute des propulseurs de fusée, et soudain tout le monde rit parce que ces chaussures sont “pour sauter jusqu’à la lune”. Ce travail d’équipe inattendu, c’est exactement ça, l’idée.
2) Devine le dessin (version Pictionary, mais plus douce)
Parfait pour les jours où l’énergie déborde et où l’attention est courte. Ça peut devenir compétitif, mais ce n’est pas obligé. À notre table, on le vit comme un mystère partagé à résoudre ensemble.
Comment jouer (version cocooning) :
- Écrivez des idées simples sur de petits bouts de papier (ou chuchotez-les).
- Une personne dessine pendant que les autres devinent.
- Au lieu de faire la course, visez des questions curieuses : “C’est un type d’animal ?” “Ça vit dans l’eau ?”
- Quand quelqu’un trouve, l’artiste peut ajouter un détail rigolo avant de révéler la réponse finale.
Idées qui marchent bien en famille :
- Objets du quotidien : brosse à dents, sac à dos, cuillère, chaussette, sandwich.
- Émotions : endormi, excité, grognon, surpris.
- Lieux : aire de jeux, cuisine, bibliothèque, plage.
- Animaux avec une touche : “un pingouin en pyjama”, “un chat avec une couronne”.
Pour soutenir les enfants qui sont stressés :
- Laissez-les choisir entre deux propositions.
- Autorisez les “bruits” et le mime pendant qu’ils dessinent.
- Faites en équipe : un adulte + un enfant dessinent ensemble.
Questions à poser après :
- “Qu’est-ce qui a le plus aidé : la forme, la couleur, ou le petit détail ?”
- “Si on en faisait une histoire, que se passerait-il ensuite ?”
3) Complète la forme (transformer des gribouillis en quelque chose)
C’est l’un de mes jeux de dessin en famille préférés, parce qu’il transmet doucement une idée puissante : le premier trait n’a pas besoin d’être parfait. Il peut juste être un départ.
Comment jouer :
- Une personne dessine quelques formes simples sur une page : cercles, triangles, gribouillis, zigzags.
- Passez la page à quelqu’un d’autre.
- Cette personne transforme les formes en dessins : un cercle devient une coquille d’escargot, une planète, un biscuit, un visage.
- Optionnel : ajouter des bulles de dialogue ou un titre une fois que tout le monde a fini.
Variantes (choisissez-en une) :
- Départ autocollant : collez un sticker sur la page et dessinez autour.
- Départ points : ajoutez 5 à 10 points et reliez-les comme vous voulez.
- Contour de main : tracez les mains et transformez-les en animaux, arbres, monstres, bouquets.
Questions pour faire émerger l’histoire :
- “Qu’est-ce que tu as remarqué en premier quand tu as vu la forme ?”
- “En quoi ça aurait pu se transformer d’autre ?”
- “Tu peux donner un nom à ta création ?”
La jolie surprise, c’est à quel point les adultes disent souvent “Je ne suis pas créatif”, puis — deux minutes plus tard — ils ont transformé un gribouillis en banane dansante avec un chapeau. La créativité était là. Elle avait juste besoin d’une permission.
4) Créez un personnage ensemble (une famille, un héros)
Celui-ci est plus lent, plus doux, et parfait pour un après-midi pluvieux. Vous obtiendrez un personnage que votre famille pourra réutiliser dans de futurs dessins, histoires, et même dans ces discussions du soir : “À ton avis, qu’est-ce qu’il a fait aujourd’hui ?”
Comment jouer :
- Commencez avec une feuille blanche au milieu de la table.
- Décidez ensemble : Qui est-ce ? (Ça peut être un animal, un robot, un nuage, une pomme de terre — n’importe quoi.)
- Chacun ajoute un élément : yeux, cheveux, tenue, outil, animal de compagnie, pouvoir spécial.
- Puis créez une petite “fiche personnage” avec quelques infos (pas besoin d’écrire si les enfants sont petits — discutez-en simplement).
Questions qui réveillent l’imagination :
- “Qu’est-ce qu’il/elle adore manger ?”
- “De quoi a-t-il/elle peur ?”
- “Qui est son/sa meilleur(e) ami(e) ?”
- “Quel problème essaie-t-il/elle de résoudre aujourd’hui ?”
- “En quoi est-il/elle vraiment très fort(e) ?”
Exemple du quotidien : vous accrochez le personnage fini sur le frigo avec du ruban adhésif. Une semaine plus tard, votre enfant ajoute un nouveau dessin à côté : le même personnage au supermarché, ou en train de voler au-dessus du quartier. C’est comme ça qu’un jeu tout simple devient, doucement, un monde familial entier.
Mini-jeux bonus (options rapides pour les journées chargées)
Tous les jours n’ont pas l’énergie “on s’assoit et on dessine 40 minutes”. Ces mini-jeux se glissent dans les petits moments entre deux.
5) Dessins express en deux minutes
Mettez un minuteur sur deux minutes. Choisissez une idée et dessinez. Quand le temps est fini, on s’arrête — même si ce n’est pas terminé. Parfois, c’est justement l’inachevé qui ouvre les meilleures histoires.
- “Dessine un goûter qui te ferait rire.”
- “Dessine un animal qui découvre quelque chose de nouveau.”
- “Dessine l’endroit le plus douillet que tu puisses imaginer.”
6) Dessin miroir (copier, avec une touche)
Une personne trace une ligne ou une forme simple. L’autre la reproduit en miroir sur sa propre feuille, puis ajoute une touche : des lignes en plus, des motifs, un visage, ou un décor.
Idéal pour : les frères et sœurs qui se disputent à propos de “copier”. Ici, copier fait partie du jeu — et devient du travail d’équipe.
7) L’affiche familiale “ajoute une chose”
Laissez une grande feuille sur une table pendant une journée ou un week-end. Chacun peut passer et ajouter une seule chose : une petite étoile, une porte, un oiseau, un détail idiot qui fait sourire quelqu’un.
C’est une version charmante et sans pression des brincadeiras de desenho em família, parce que tout le monde n’a pas besoin d’être assis ensemble au même moment.
Comment parler des dessins de votre enfant (sans juger ni “corriger”)
La plupart des adultes essaient d’aider, mais on peut facilement orienter le dessin vers des attentes d’adultes sans s’en rendre compte. Quand vous choisissez la curiosité à la place, votre enfant se sent vu — pas corrigé.
Essayez ces phrases :
- “Parle-moi de cette partie.”
- “Je vois que tu as utilisé beaucoup de (couleur). Qu’est-ce qui t’a donné envie de la choisir ?”
- “Que fait le personnage ?”
- “Si je pouvais entrer dans ce dessin, qu’est-ce que j’entendrais ?”
- “Tu veux que je dessine avec toi ou que je regarde ?”
Si un enfant vous demande de dessiner quelque chose “parfaitement” : vous pouvez dire : “Je peux essayer, mais j’aime beaucoup ta version aussi. On le fait ensemble ?” Puis dessinez côte à côte. Ça laisse le dessin entre ses mains, là où il doit être.
Conseils pour les âges mélangés (tout-petits, grands enfants, ados et grands-parents)
Le dessin en famille fonctionne parce que chacun apporte une créativité différente. Ces petits ajustements aident à garder une ambiance fluide plutôt que stressante.
Si vous dessinez avec des tout-petits
- Faites des tours courts (20–30 secondes).
- Laissez les gribouillis devenir les “formes” à compléter.
- Proposez des crayons épais et de grandes feuilles.
- Dites ce que vous voyez : “Cette ligne ressemble à une route !” (Pas “C’est quoi ?”)
Si vous dessinez avec des enfants en âge scolaire
- Ajoutez des défis d’histoire : “Ton personnage doit transporter quelque chose d’important.”
- Laissez-les inventer des idées pour les adultes (ils adorent ça).
- Donnez des choix : “Tu préfères dessiner le décor ou le personnage ?”
Si des ados sont dans les parages (et lèvent les yeux au ciel)
- Invitez-les à être le/la “maître des idées” ou le/la gardien(ne) du minuteur.
- Essayez la création collaborative de personnage — les ados aiment souvent construire un univers plus que les idées “mignonnes”.
- Respectez un non doux. Parfois, ils rejoignent après avoir regardé cinq minutes.
Si des grands-parents ou des proches plus âgés participent
- Choisissez des jeux plus posés (création de personnage, compléter une forme).
- Demandez-leur un souvenir inspiré par le dessin : “Tu as déjà eu un animal comme ça ?”
- Gardez le matériel confortable (bonne lumière, stylos plus épais).
Donner de l’importance aux dessins : des façons simples de les garder et de les afficher
Les enfants remarquent ce qu’on conserve. Vous n’avez pas besoin de tout garder, mais en garder quelques-uns leur montre que leurs idées valent la peine d’être précieusement gardées.
- Galerie du frigo : changez quelques favoris chaque semaine.
- Pochette ou boîte : une par enfant, plus une pochette “jeux en famille” pour les dessins collaboratifs.
- Archive photo : prenez vite une photo avant que la feuille ne disparaisse.
- Mini-expo : scotchez les dessins dans un couloir pour une journée et faites une “visite de galerie”.
On imagine facilement un enfant montrant fièrement à un visiteur le “monstre de famille” que tout le monde a aidé à créer. Ce sont ces petits moments qui restent.
Un petit guide de dépannage tout en douceur (parce que la vraie vie, c’est le bazar)
“Mon enfant dit qu’il/elle ne sait pas dessiner.”
Essayez un jeu de “compléter la forme” ou commencez par un gribouillis. Dites : “On fait juste des traits, et on voit en quoi ça se transforme.” Gardez ça léger, sans enjeu.
“Les frères et sœurs se disputent ou abîment les dessins des autres.”
Donnez à chacun sa propre feuille au premier tour, puis faites un tour collaboratif avec une règle claire : “On ajoute, on n’efface pas ce que l’autre a fait.” Les duos en équipe peuvent aussi aider : une personne ajoute des formes, l’autre les complète.
“Les adultes se sentent mal à l’aise.”
Totalement normal. Choisissez un jeu où la feuille circule vite (dessin en chaîne). Il n’y a pas le temps de trop réfléchir, et honnêtement, c’est un cadeau.
Une dernière idée pour votre prochaine soirée dessin en famille
Choisissez un seul jeu dans cette liste et essayez-le une fois. Pas pour devenir “une famille d’artistes”, mais pour créer un moment où tout le monde a sa place autour de la table.
La prochaine fois que votre enfant vous tend une page pleine de gribouillis, faites une pause avant d’interpréter. Demandez : “Quelle histoire se cache là-dedans ?” Vous pourriez découvrir tout un petit monde dans quelques lignes colorées — et le visiter ensemble.