Si vous cherchez des activités sans écran pour développer la créativité des enfants, vous ne cherchez probablement pas des idées « parfaites » — vous cherchez des idées qui tiennent dans la vraie vie. Pas un atelier impeccable. Pas une énorme séance de préparation. Juste des activités chaleureuses et faisables, capables de remplacer doucement une partie du temps sur téléphone et tablette, tout en aidant les enfants à créer, imaginer et partager ce qui se passe dans leur esprit merveilleusement en mouvement.

Et voici un soulagement que j’aimerais que plus de familles entendent tôt : vous n’avez pas besoin de « talent », de matériel sophistiqué, ni d’un enfant qui se dit déjà artiste. La plupart des enfants commencent par des gribouillis, des cercles bancals et des dessins qui font plisser les yeux aux adultes. Ce n’est pas un problème — c’est là que la créativité commence. L’objectif n’est pas une image parfaite. L’objectif, c’est le processus : essayer, changer, raconter des histoires, et être fier que ses idées aient leur place ici, à table.

Vous trouverez ci-dessous une grande collection d’activités pratiques — dessin, peinture, constructions en carton, observation de la nature et jeu narratif — ainsi que des questions simples pour soutenir votre enfant sans prendre le contrôle (ce qui est souvent la partie la plus difficile quand on veut aider).

Qu’est-ce qui compte comme « activités sans écran pour développer la créativité des enfants » ?

Simplement : ce sont des activités où les enfants fabriquent quelque chose — une image, une structure, une histoire, un monde imaginaire — avec leurs mains, leurs sens et leur imagination, sans qu’un appareil ne fasse le divertissement à leur place.

La bonne surprise, c’est que beaucoup de familles ont déjà ce qu’il faut : un crayon, une boîte de céréales, un peu de ruban adhésif, une fenêtre par laquelle regarder, et quelques minutes à la table de la cuisine.

Et non, vous n’êtes pas obligé d’interdire les écrans ni de vous promener avec de la culpabilité. J’aime voir ça comme l’ajout de quelques « îlots créatifs » dans la journée — de petits moments sans écran où votre enfant peut être le créateur, pas le consommateur.

Un petit changement d’état d’esprit : votre enfant n’a pas besoin d’être « bon en dessin »

Une chose que j’ai vue encore et encore : les enfants arrêtent souvent de dessiner ou de bricoler parce que ça commence à donner l’impression d’être noté (même si personne ne le voulait). Un commentaire bien intentionné comme « Ça ne ressemble pas à un chien » peut couper l’élan très vite — surtout quand l’enfant faisait de son mieux pour faire correspondre l’image dans sa tête.

Essayez ces échanges simples :

  • Au lieu de : « C’est quoi ? » (ce qui peut sonner comme un test)
    Essayez : « Raconte-moi ton dessin. »
  • Au lieu de : « Dessine proprement. »
    Essayez : « J’aime bien que tu testes différentes lignes. »
  • Au lieu de : « Je vais te montrer la bonne façon. »
    Essayez : « Tu veux des idées, ou tu veux me surprendre ? »

Si vous avez déjà vu votre enfant venir tout fier avec un dessin — et senti cette petite impulsion d’adulte de vérifier si ça « ressemble vraiment » — vous n’êtes pas seul. Quand je dessine avec mes deux enfants, j’essaie de me rappeler : suivre leur histoire. L’histoire, c’est l’or de la créativité.

Comment installer un « coin créatif » (sans mettre la maison sens dessus dessous)

Vous n’avez pas besoin d’une pièce dédiée. Une petite boîte, un panier ou un tiroir suffit. D’après mon expérience, le plus grand boost de créativité, c’est de pouvoir commencer vite — avant que le moment ne passe ou que quelqu’un ne soit happé de nouveau par un écran.

Du matériel sans stress qui couvre la plupart des activités

  • Papier blanc (le papier d’imprimante convient), papier de brouillon, et quelques enveloppes
  • Crayons à papier, crayons de couleur, feutres lavables
  • Colle en stick, ruban adhésif (le ruban de masquage est un héros), ciseaux adaptés aux enfants
  • Vieux magazines ou prospectus pour le collage
  • Carton de récupération (boîtes de céréales, boîtes à chaussures, cartons de livraison)
  • Optionnel : aquarelle, gouache, ou peinture lavable
  • Un vieux t-shirt en blouse, et une protection de table lavable (un sac-poubelle fait l’affaire)

Une routine de 2 minutes qui aide

Choisissez un petit moment prévisible : après le goûter, avant le dîner, ou juste après l’école. Posez quelques fournitures sur la table. C’est toute la routine. La régularité compte plus que la durée.

Groupe d’activités n°1 : Dessiner comme un jeu (pas comme des devoirs)

Le dessin est l’une des activités sans écran les plus faciles pour développer la créativité des enfants parce que c’est rapide, transportable et ouvert. L’astuce principale : l’aider à rester du côté du jeu — pas de l’exercice.

1) « Départs en gribouillis » (pour les enfants qui disent « Je ne sais pas quoi dessiner »)

Sur une feuille, faites 3 à 5 gribouillis au hasard ou des formes simples (une spirale, un zigzag, une tache). Votre enfant transforme chacune en quelque chose.

  • Matériel : papier, feutre ou crayon
  • Idéal pour : lâcher le perfectionnisme, se mettre en route

Questions à poser : « Quel gribouillis a la personnalité la plus drôle ? » « Si cette forme pouvait parler, que dirait-elle ? »

2) Dessiner sur de la musique

Mettez une chanson et proposez à votre enfant de « dessiner le son ». Des traits rapides pour les passages rapides, des couleurs douces pour les moments calmes. Si vous pouvez, dessinez aussi — les enfants adorent créer côte à côte, même si votre dessin n’est qu’un joyeux n’importe quoi.

  • Matériel : papier, crayons/feutres, musique

Questions à poser : « Où est-ce que la musique devient forte dans ton dessin ? » « De quelle couleur était le refrain ? »

3) Le défi des « trois petits dessins »

Pliez une feuille en trois sections. Dans chaque case, votre enfant dessine une petite scène : (1) quelque chose de réel, (2) quelque chose de bête, (3) quelque chose d’impossible.

  • Matériel : papier, crayon/feutres
  • Bonus : c’est rapide, ce qui aide les enfants qui se sentent dépassés devant une page blanche

Questions à poser : « Quelle est la règle dans l’image impossible ? » « Que se passerait-il ensuite ? »

4) Dessin d’observation à la table de la cuisine (sans pression)

Mettez un objet simple sur la table : une cuillère, une orange, un dinosaure jouet, une chaussette. Demandez à votre enfant de le dessiner à sa façon. Vous pouvez signaler doucement des formes : « Je remarque que l’orange ressemble plutôt à un cercle qu’à une balle parfaite. »

  • Matériel : n’importe quel objet, papier, crayon

Moment du quotidien : ça marche très bien pendant que vous cuisinez. Votre enfant dessine à côté, et la cuisine devient un mini atelier.

Questions à poser : « Quelle partie était la plus intéressante à dessiner ? » « Si cette cuillère avait une vie secrète, que ferait-elle la nuit ? »

5) « Dessine-le mal exprès »

Celui-ci sauve la mise avec les enfants qui veulent absolument faire « juste ». Proposez-leur de dessiner un chat avec des pattes carrées, une voiture avec des roues triangulaires, ou une maison à l’envers. Quand « mal » est la consigne, la pression disparaît.

  • Matériel : papier, n’importe quel outil de dessin

Questions à poser : « Comment ton chat rigolo se déplace ? » « Quel est le meilleur avantage des roues triangulaires ? »

Groupe d’activités n°2 : Peinture et jeux de couleurs (sans stress)

La peinture peut intimider à cause des dégâts. Mais elle n’a pas besoin d’envahir la maison. Une serviette sous le papier et de la peinture lavable, ça change tout. Et aussi : chaque peinture n’a pas besoin d’être un chef-d’œuvre — parfois, c’est juste un moment coloré, sans écran, ensemble.

6) « Flaques de couleur » à l’aquarelle

Laissez votre enfant faire des flaques de couleur et les regarder s’étendre. Si vous voulez un petit « wahou » facile, saupoudrez un peu de sel sur une zone encore humide et observez la texture apparaître.

  • Matériel : aquarelle, papier épais (ou deux feuilles de papier normal), pinceau, eau, sel (optionnel)

Questions à poser : « Où veux-tu que les couleurs se rencontrent ? » « À quoi cette texture te fait-elle penser ? »

7) Peindre avec des « outils » de cuisine

Oubliez les pinceaux sophistiqués pour une journée. Essayez des cotons-tiges, des éponges, une fourchette ou le dos d’une cuillère. Des outils différents font des traces différentes, et les enfants adorent découvrir de nouvelles « techniques secrètes ».

  • Matériel : peinture lavable, papier, éponge/cotons-tiges/fourchette

Questions à poser : « Quel outil fait les traces les plus joyeuses ? » « Qu’est-ce qu’on pourrait utiliser d’autre en toute sécurité ? »

8) Routes et formes en réserve avec du ruban

Posez du ruban de masquage sur une feuille en lignes (routes), en rectangles (bâtiments) ou en formes aléatoires. Votre enfant peint par-dessus. Quand c’est sec, retirez le ruban pour révéler des lignes blanches nettes.

  • Matériel : ruban de masquage, peinture, papier
  • Idéal pour : les enfants qui aiment un cadre tout en gardant de la liberté

Questions à poser : « Qui habite dans cette ville ? » « Où mène cette route ? »

9) Peinture monochrome (étonnamment apaisant)

Choisissez une seule couleur et explorez-la. Rendez-la plus claire avec de l’eau, plus foncée avec plus de peinture. Peignez une « page météo » dans cette seule couleur : orageuse, brumeuse, ensoleillée (oui, ensoleillée peut être bleue).

  • Matériel : une couleur de peinture, papier, pinceau

Questions à poser : « Quelle humeur a cette page ? » « Si cette couleur était un endroit, qu’est-ce qu’il y aurait là-bas ? »

Groupe d’activités n°3 : Constructions en carton (grande créativité, petit budget)

Le carton est l’un des matériaux les plus sous-estimés pour le jeu imaginatif. C’est gratuit, indulgent, et ça donne presque envie aux enfants de voir grand. Chez nous, une boîte posée par terre transforme souvent « Je m’ennuie » en « On a encore du scotch ? »

10) Le classique : transformer une boîte en carton

Choisissez une boîte et demandez : « Ça pourrait devenir quoi ? » Laissez votre enfant décider : fusée, niche, camion postal, boulangerie, théâtre de marionnettes.

  • Matériel : une boîte, ruban adhésif, ciseaux (aide d’un adulte), feutres, chutes de papier (optionnel)

Moment du quotidien : vous êtes sur le point de recycler un carton de livraison, et votre enfant dit : « Attends ! » Ce « attends » — c’est la créativité qui frappe à la porte.

Questions à poser : « De quoi ce véhicule a besoin pour fonctionner ? » « Qui est le premier passager ? »

11) Construire une mini-ville avec des boîtes de céréales

Utilisez de petites boîtes comme bâtiments. Dessinez des portes et des fenêtres, ajoutez des panneaux en papier (ou laissez-les vides pour plus tard). Faites des routes avec des bandes de papier ou du ruban au sol.

  • Matériel : boîtes de céréales/chaussures, ruban adhésif, feutres, papier

Questions à poser : « Quel est le bâtiment le plus important de ta ville ? » « Où vont les gens quand il pleut ? »

12) Animaux en carton avec parties mobiles

Découpez une forme d’animal simple (l’adulte découpe). Ajoutez des pattes ou des ailes avec des attaches parisiennes pour que les parties bougent. On dirait un tout petit peu de magie d’ingénierie.

  • Matériel : carton fin, ciseaux, perforatrice, attaches parisiennes, feutres

Questions à poser : « Comment ça bouge ? » « Où est-ce que ça vit ? »

13) Labyrinthe à bille (ou à petite balle)

Dans le couvercle d’une boîte peu profonde, scotchez des bandes de carton pour créer des chemins. Faites rouler une bille ou une petite balle. Laissez votre enfant modifier le labyrinthe encore et encore.

  • Matériel : couvercle de boîte, bandes de carton, ruban adhésif, bille/balle

Questions à poser : « Où est la partie la plus difficile ? » « Quelle règle devrait avoir le labyrinthe ? »

14) « Étagère d’inventeur » avec des chutes

Gardez un petit contenant de chutes sans danger : bouchons, rouleaux en carton, bouts de laine, chutes de carton. Une fois par semaine, invitez votre enfant à construire une « invention » sans consigne.

  • Matériel : recyclables, ruban adhésif, colle, feutres

Questions à poser : « À quoi sert ton invention ? » « Qui l’utiliserait ? » « Quel problème résout-elle ? »

Groupe d’activités n°4 : Observation de la nature (la créativité grandit en remarquant)

Pas besoin d’une forêt. Un trottoir, un jardin, un balcon, ou même une vue depuis une fenêtre suffit. Observer la nature, c’est une créativité tranquille : récolter des détails, repérer des motifs, faire des liens.

15) Une balade des « petits trésors »

Prenez un petit sac et ramassez quelques éléments sans danger : un caillou lisse, une feuille tombée, une plume (si c’est autorisé là où vous vivez), une gousse. À la maison, triez-les par couleur, taille ou texture.

  • Matériel : petit sac ou boîte

Questions à poser : « Lequel est le plus intéressant au toucher ? » « Si cette feuille était un personnage, comment serait-elle ? »

16) Frottage de feuilles et art des textures

Glissez une feuille sous une feuille de papier et frottez avec le côté d’un crayon de cire. Essayez aussi les textures d’écorce (doucement) si possible.

  • Matériel : papier, crayons, feuilles

Questions à poser : « Quel motif vois-tu ? » « Est-ce que ça ressemble à une carte ? »

17) Histoires de nuages

Allongez-vous sur une couverture et observez les nuages. Chacun partage ce qu’il voit. Un nuage peut devenir un dragon ; le suivant, un sandwich flottant. Il n’y a pas de mauvaise réponse.

  • Matériel : couverture (optionnel)

Questions à poser : « Qu’est-ce que ton nuage est en train de faire ? » « Que se passe-t-il dans la scène suivante ? »

18) Un petit carnet « artiste scientifique »

Agrafez quelques feuilles ensemble pour faire un carnet. Sur chaque page, votre enfant dessine une chose qu’il a remarquée : un insecte, une plante, un reflet dans une flaque, la lune.

  • Matériel : papier, agrafeuse, crayon/crayons de couleur

Questions à poser : « Qu’as-tu remarqué en premier ? » « Qu’est-ce qui t’a surpris ? »

19) Tracer des ombres

Par une journée ensoleillée, tracez l’ombre d’un jouet ou d’une plante sur une feuille. Plus tard, retracez-la et comparez. Les enfants adorent voir le temps se passer juste sous leurs yeux.

  • Matériel : papier, crayon, soleil, objet

Questions à poser : « Pourquoi tu penses que ça a bougé ? » « Quelle forme a ton ombre maintenant ? »

Groupe d’activités n°5 : Faire semblant et raconter (l’outil créatif le plus simple, c’est votre voix)

Si votre enfant n’aime pas trop les activités manuelles, inventer des histoires peut être la meilleure option sans écran. C’est du jeu imaginatif que vous pouvez faire en voiture, au moment du bain, ou en pliant le linge.

20) Le jeu de l’histoire « 3 mots »

Chaque personne ajoute trois mots à l’histoire. Ça devient vite très bête — et c’est exactement le but.

  • Matériel : aucun

Questions à poser : « Est-ce que le personnage devrait faire un choix courageux ou un choix drôle ? »

21) Pierres à histoires (version DIY)

Dessinez des icônes simples sur de petits cailloux ou des ronds de papier : une étoile, une clé, un chat, un bateau, un gâteau. Mettez-les dans un sac et tirez-en trois pour créer une histoire.

  • Matériel : cailloux ou ronds en carton, feutres, petit sac

Questions à poser : « Quel objet est l’indice secret ? » « Qu’est-ce que la clé ouvre ? »

22) Spectacle de marionnettes avec des chaussettes ou des sacs en papier

Fabriquez des marionnettes rapides et créez une petite scène derrière un canapé ou une table. Laissez votre enfant être le metteur en scène. Vous pouvez être « l’acteur assistant » qui suit son idée (ce qui veut souvent dire qu’on vous attribuera une voix très dramatique).

  • Matériel : chaussettes/sacs en papier, feutres, ruban adhésif, chutes de laine/papier

Questions à poser : « Qu’est-ce que ta marionnette veut ? » « Quel problème arrive dans cet épisode ? »

23) « Et après ? » — parler à partir d’une image

Ouvrez un album illustré (ou regardez une photo de famille) et faites pause. Demandez à votre enfant ce qui se passe ensuite, même si c’est un livre qu’il connaît bien. Invitez un tout nouveau rebondissement.

  • Matériel : n’importe quel livre illustré ou photo

Questions à poser : « À quoi pense le personnage ? » « Quel son ferait cette scène ? »

24) Construire un monde ensemble (un jeu doux qui continue)

Créez un lieu imaginaire : « L’Île aux Cookies », « La Bibliothèque souterraine », « La Ville des chats ». Dessinez une carte simple. Ajoutez un nouvel endroit chaque jour.

  • Matériel : papier, feutres, carton (optionnel) pour faire des bâtiments

Questions à poser : « Quelles sont les règles de ce monde ? » « Qu’est-ce qu’on mange ici ? » « Où est-ce qu’on se repose ? »

Groupe d’activités n°6 : Mélanger art + histoires (là où beaucoup d’enfants brillent)

Certains enfants s’ouvrent davantage quand l’art devient un outil pour raconter. Au lieu de « fais un joli dessin », ça devient « montre-moi ce qui s’est passé ». Dans notre famille, ces dessins-histoires amènent souvent les meilleures conversations.

25) Bandes dessinées (bonhommes bâtons bienvenus)

Pliez une feuille en 4 à 6 cases. Votre enfant dessine une suite : un personnage veut quelque chose, essaie, échoue, réessaie, et finit par une surprise.

  • Matériel : papier, crayon/feutres

Questions à poser : « Quel est le problème dans la première case ? » « Qu’est-ce qui change à la fin ? »

26) « Dessine ta journée » avec des symboles

Plutôt que des scènes réalistes, invitez votre enfant à dessiner sa journée avec des symboles : un éclair pour quelque chose d’énervant, un cœur pour un bon moment, une spirale pour la confusion.

  • Matériel : papier, feutres

Questions à poser : « Quel symbole était le plus grand aujourd’hui ? » « Qu’est-ce qui rendrait la page de demain plus légère ? »

27) Cartes de création de personnages

Sur de petites cartes, dessinez des personnages et donnez-leur un détail amusant : « porte toujours des chaussettes dépareillées », « parle aux plantes », « a peur des spaghettis ». Gardez les cartes dans une boîte pour de futures histoires.

  • Matériel : fiches bristol (ou papier découpé), feutres

Questions à poser : « Qu’est-ce que ton personnage adore ? » « Quelle est sa petite peur ? »

Comment parler des dessins de votre enfant (pour qu’il ait envie de continuer à créer)

C’est plus important que n’importe quelle liste de matériel. La façon dont nous réagissons apprend aux enfants si créer est un endroit sûr — surtout quand ils sont frustrés parce que ce qu’ils ont fait ne correspond pas à ce qu’ils imaginaient.

Essayez des questions « histoire d’abord »

  • « Raconte-moi ce qui se passe ici. »
  • « Qui est ce personnage ? »
  • « Qu’est-ce qui s’est passé juste avant cette scène ? »
  • « Si je pouvais entrer dans cette image, qu’est-ce que j’entendrais ? »
  • « Quelle partie était la plus amusante à faire ? »

Essayez des commentaires sur le « processus » (au lieu de juger le résultat)

  • « J’ai remarqué que tu n’as pas abandonné quand cette ligne était difficile. »
  • « Tu as utilisé plein de traces différentes — des points, des spirales et de grands traits. »
  • « Tu as vraiment exploré cette couleur. »
  • « Je vois que tu avais un plan, puis tu l’as changé. Ça, c’est créatif. »

Ce qu’il vaut mieux éviter (en douceur)

  • Comparer frères/sœurs ou camarades (« Ta sœur dessine mieux. »)
  • Corriger le dessin sans demander (« Laisse-moi corriger ça. »)
  • Le transformer en performance (« Montre à mamie tout de suite ! ») quand l’enfant semble timide

Si vous voulez partager son art avec la famille, demandez d’abord : « Tu veux l’offrir en cadeau, ou on le garde ici ? » Les enfants se débrouillent mieux quand ils ont le sentiment que ça leur appartient.

Garder l’art sans se noyer sous le papier (une solution de vraie famille)

Si vous vous êtes déjà dit en regardant autour de vous : « On vit dans une tempête de papier », sachez que vous êtes loin d’être seul. Vous pouvez honorer la créativité de votre enfant sans tout garder.

  • La galerie du frigo : choisissez 3 à 5 œuvres du moment. Changez chaque semaine.
  • La boîte à souvenirs : une boîte par enfant, et seules les « meilleures histoires » y entrent.
  • L’habitude de la photo datée : prenez une photo rapide de l’œuvre avant de recycler.
  • La pile de cadeaux : gardez un dossier de dessins « à offrir » pour les grands-parents, oncles, tantes, voisins.

Il y a quelque chose de vraiment touchant à voir un grand-parent recevoir un dessin comme si c’était une pièce de musée. Les enfants sentent ce respect — et ça les encourage à continuer à créer.

Des façons simples de réduire le temps d’écran sans batailles

Ce guide ne parle pas de règles strictes. Il s’agit de rendre la créativité sans écran facile à démarrer et agréable à faire.

Essayez une de ces stratégies douces

  • Remplacer, pas effacer : « Après cet épisode, tu veux construire une boutique en carton ? »
  • Créer un repère prévisible : « Quand on rentre, on fait d’abord 10 minutes de dessin tranquille. »
  • Utiliser les écrans comme pont : si l’enfant adore un personnage, proposez-lui de dessiner une nouvelle aventure pour lui.
  • Garder le matériel visible : un placard fermé peut tuer la créativité. Un panier sur une étagère invite à agir.
  • Se joindre 5 minutes : souvent, les enfants ont juste besoin de compagnie pour commencer. Vous n’êtes pas obligé de rester tout le temps.

D’après mon expérience, le plus difficile, ce n’est généralement pas l’activité — c’est le démarrage. Une fois les feutres sortis et que quelqu’un dit : « Raconte-moi ton idée », toute la pièce change d’ambiance.

Quelques « choix rapides » par âge (très flexible)

Les enfants se développent à des rythmes différents : prenez ceci comme un point de départ utile, pas comme un règlement.

2–4 ans (court et sensoriel)

  • Départs en gribouillis avec de gros crayons
  • Peindre avec des éponges
  • Collage de stickers (autocollants + papier + imagination)
  • Marionnettes parlantes (vous faites la voix, ils trouvent les idées)

5–7 ans (histoires et constructions simples)

  • Bandes dessinées en 4 cases
  • Transformation d’une boîte en carton
  • Pierres à histoires
  • Frottage de feuilles et pages de « carnet nature »

8–10 ans (projets plus grands, plus d’autonomie)

  • Défis de refonte de labyrinthe à bille
  • Mini-ville avec routes et règles
  • Cartes de personnages + carte du monde au fil du temps
  • Dessin d’observation (objets, plantes, animaux)

Quand votre enfant dit « Je m’ennuie »

« Je m’ennuie » peut être une invitation, pas un problème. Parfois, ça veut dire : « J’ai envie que quelque chose commence, mais je ne sais pas comment. »

Vous pouvez répondre avec un mini-menu :

  • « Tu veux dessiner, construire ou inventer une histoire ? »
  • « Tu veux quelque chose de salissant ou sans bazar ? »
  • « Tu veux le faire seul ou ensemble pendant 5 minutes ? »

De petits choix aident les enfants à se sentir capables — et le sentiment d’être capable nourrit la créativité.

Un rappel doux pour les adultes : vous n’êtes pas le professeur d’arts plastiques

Votre rôle n’est pas de produire des bricolages dignes de Pinterest. Votre rôle, c’est d’être la personne qui dit : « Je te vois. Je t’écoute. Dis-m’en plus. »

Certains des meilleurs moments créatifs arrivent dans des lieux ordinaires : un enfant qui dessine à la table de la cuisine pendant que quelqu’un remue des pâtes ; un gribouillis scotché sur le frigo ; un vaisseau spatial en carton garé dans le couloir pendant trois jours parce qu’il est encore « en service ». C’est la vie de famille — et c’est largement suffisant.

Prêt pour un tout petit pas ?

Choisissez une seule activité de ce guide et essayez-la cette semaine. Sortez le papier. Gardez la boîte au lieu de la recycler. Faites une petite promenade et ramassez des « petits trésors ». Ensuite, quand votre enfant vous montre ce qu’il a fait, essayez une question qui invite une histoire.

La prochaine fois que votre enfant vous tend une page pleine de gribouillis, demandez quelle histoire s’y cache. Vous pourriez découvrir un petit monde entier dans quelques lignes colorées — et vous vous souviendrez tous les deux de ce moment sans écran bien après qu’il soit terminé.